Selon The Verge, lors d’une audience à Los Angeles, l’équipe de Mark Zuckerberg est arrivée avec des lunettes connectées Ray‑Ban de Meta, équipées de caméras. La juge Carolyn Kuhl a exprimé son inquiétude, avertissant qu’un enregistrement entraînerait un outrage au tribunal, et a exigé que toutes les personnes portant des lunettes d’IA les retirent. Malgré l’ordre, au moins une personne a ensuite été vue avec ces lunettes près des jurés, bien que l’avocate de la partie plaignante ait indiqué qu’elles n’enregistraient pas.
Au‑delà de cet incident, l’article souligne les craintes accrues de vie privée, surveillance et doxxing liées aux lunettes intelligentes dans les tribunaux. Plusieurs juridictions US ont déjà agi: les tribunaux de district fédéraux d’Hawaï et du Wisconsin occidental, ainsi que le comté de Forsyth (Caroline du Nord), ont banni ces dispositifs; le district du Colorado envisage une interdiction. Un post sur r/legaladvice illustre aussi la montée des signalements au quotidien.
Contexte juridique: depuis 1946, la Federal Rule of Criminal Procedure 53 interdit l’enregistrement ou la diffusion des procédures pénales fédérales. En 1972, la Conférence judiciaire des États‑Unis a étendu l’interdiction aux procédures civiles et aux zones adjacentes. Une exception temporaire a permis la téléconférence pendant la pandémie (2020–2023). Au niveau des États, les règles varient, avec souvent des enregistrements soumis à l’approbation du juge ou limités à certains acteurs (notamment les médias).
Risques techniques et d’usage: les lunettes peuvent enregistrer de manière discrète, rendant les contrôles difficiles. L’indicateur LED de capture, censé signaler l’enregistrement, peut être désactivé sans autorisation et passer inaperçu 👓📹. Par ailleurs, un mémo interne évoque un projet d’ajout de reconnaissance faciale, permettant d’identifier des personnes nominativement. Le sujet est d’autant plus sensible que Meta aurait vendu 7 millions de paires en 2025, et qu’Apple viserait un lancement de lunettes en 2027.
Des organisations comme le Surveillance Technology Oversight Project (STOP) et l’Electronic Privacy Information Center (EPIC) estiment que ces dispositifs doivent être soumis à une vigilance au moins équivalente aux smartphones, au nom de la protection des témoins, jurés et de l’intégrité des audiences. En l’état, les ordonnances judiciaires ponctuelles apparaissent comme l’outil principal pour tenir ces appareils à l’écart des salles d’audience. Article de presse généraliste visant à documenter les réponses judiciaires et les enjeux de confidentialité liés aux lunettes connectées.
🔗 Source originale : https://www.theverge.com/tech/882030/smart-glasses-in-court-meta-mark-zuckerberg