Selon Republik (26.01.2026), des représentants de la Chambre de commerce américano-suisse et des acteurs Big Tech intensifient leur lobbying contre des initiatives suisses visant plus de «souveraineté numérique», alors que des autorités testent des alternatives aux clouds américains et durcissent leurs exigences réglementaires.

— Contexte et déclencheur 🇨🇭: Sur LinkedIn, l’IT du Obergericht de Zurich a annoncé rejoindre le réseau «Souveräne Digitale Schweiz» (piloté par la Berner Fachhochschule) qui promeut l’indépendance vis-à-vis de Big Tech et teste l’alternative allemande Open Desk. Plusieurs autorités y participent (cantons Berne et Argovie, tribunaux de Bâle-Ville et Zurich, centre informatique du Département fédéral de la justice). Les motifs invoqués incluent les hausses de licences, le cloud obligatoire chez Microsoft et la nécessité de protéger les données sensibles.

— Riposte et pressions 🏛️: Alex Grossenbacher (Chambre de commerce américano-suisse) a attaqué publiquement la décision du tribunal zurichois, alléguant une dérive politique et un conflit avec la séparation des pouvoirs, et a sollicité le retrait de Zurich du réseau; la ville a refusé. Il a aussi interpellé des instances à Bâle-Ville à propos de la présence de la préposée à la protection des données dans le conseil du réseau, sans succès. Il qualifie la «souveraineté numérique» de terme de lutte politique et critique des principes comme «Public Money, Public Code».

— Enjeux de sécurité et de conformité ☁️🔐: L’article met en avant des craintes liées aux sanctions US et à un possible «kill switch» coupant l’accès à des données suisses hébergées chez des fournisseurs soumis aux lois US, ainsi que des questions de chiffrement et de contrôle d’accès. Des appels d’offres suisses excluent indirectement des fournisseurs soumis au Cloud Act (ex. projet d’IA du canton de Zurich). Des tribunaux (Lucerne, Bâle-Ville) refusent la migration vers la Microsoft Cloud, et le Tribunal fédéral opère sur des composants open source.

— Front réglementaire et influence des plateformes 📜: Chez Swico, une commission dominée par des juristes de Microsoft, Google et TikTok prépare une réponse au Plattformgesetz (équivalent suisse du DSA), privilégiant un allègement des obligations et la non‑responsabilité des plateformes (liability privilege) qui a été retirée de la version actuelle du projet fédéral visant, au contraire, à imposer des devoirs de retrait en cas d’illégalité et des sanctions. Parallèlement, des acteurs Big Tech auraient demandé à Digital Switzerland de quitter Parldigi en raison des actions pro‑open source de Matthias Stürmer; ce départ n’a pas eu lieu.

— Cap des autorités et prochaines étapes 🧭: La Chancellerie fédérale fait de la souveraineté numérique une priorité 2026 et teste Open Desk; la Commission des finances demande 10 MCHF pour que l’armée évalue des alternatives à Microsoft. Privatim recommande de n’utiliser des clouds US que si les données sont chiffrées de manière autonome sans accès de l’opérateur. Un appel d’offres «Swiss Government Cloud» est attendu en février, dans un climat de mobilisation intense des intérêts en présence. Cet article de presse d’investigation vise à documenter les stratégies de lobbying et les choix politiques/techniques autour de la souveraineté numérique en Suisse.


🔗 Source originale : https://www.republik.ch/2026/01/26/die-usa-lobbyieren-gegen-die-digitale-souveraenitaet-der-schweiz